L’art et la matière

 
 
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ECHOS Coiffure a testé…

Stage : « L’art et la matière », module de formation de DK Hairdesigner.

Objectif : explorer techniquement tous les domaines du coiffant afin d'acquérir une liberté d'expression artistique totale et sans limite.

Dkhairdesigner est certifié et agrée CNFPI. La formation peut faire l’objet d’un financement.

Plus d’infos sur : https://www.dkhairdesigner.com

Par Corine Tonarelli
Photo : D.R.

 

9h20

A quelques jours de Noël, le Studio by AM, perché à l’étage façon appartement, à Saint Rémy de Provence ne reçoit pas de clientèle car aujourd’hui, le boss,  Anthony Mauron (le cousin de l’écrivain Marie Mauron en personne) ne reçoit pas, il régale ses employés d’une formation DK Hairdesigner. Et les filles –Cassie, Mouni, Coralie, et Blandine- déjà assises en enfilade sont impatientes.

L’homme est charismatique, sûr de lui, passionné. Et avant de donner la parole pour un tour de table, il n’a qu’une idée en tête : transmettre ce qui est pour lui une évidence : le rôle vital du Coiffant. « Il y a beaucoup d’artifice dans notre métier pour réaliser un look. Mais ce n’est ni une couleur, ni une coupe de cheveux qui va donner le style, c’est le coiffant, la texture. Couper les cheveux est limité et réducteur car je supprime de la matière. Quand le coiffeur est créatif il se doit de ne rien rejeter et de s’inspirer de tout. Une fois que la technique est maîtrisée, il faut la dépasser, et explorer d’autres voies ».

9h30

Les filles ont bu ses paroles. Moi aussi. Mais je reste sur mes gardes. L’expert a du caractère ! « Qu’attendez-vous du métier ? ».  Cassie est la première à s’exprimer. Et avec la spontanéité de ses 15 ans, lâche « je veux devenir coiffeuse studio et maquilleuse aussi ». Et bing, la réaction est immédiate. David prend ses mots au vol et attaque : « coiffeur et maquilleur … impossible d’être les deux. L’on ne peut pas être bon partout, ni passionné à moitié. L’on se doit de se fixer un seul cœur de métier ». Cassie encaisse et riposte : Moi je ne n’en veux pas qu’un ».

Le tour de table se poursuit … certaines fayottent : « moi je veux apprendre les techniques de coiffage …  ». David en profite pour rebondir : « Technique : ce mot, certes nous sécurise mais a tendance à nous emprisonner. La sécurité est la mort du créateur. Il faut avoir de la trouille, du questionnement, du doute, ne pas se leurrer de certitudes. Il est important de mettre en parallèle des ouvertures, des libertés.

10h30

Jessica, le modèle, est en place. « Est-ce qu’il y a des choses que vous aimeriez travailler ? propose David .  Anthony dégaine le premier : le Wavy. C’est donc parti sur des textures différentes. Et qui dit texture, dit produit. « Le produit est un outil indispensable mais pas le seul. Il va être complémentaire ou révélateur. Ce que les marques veulent nous faire croire, c’est que par exemple, dans le cas du Wavy, c’est le produit qui fait les vagues. Eh bien non ! La technique comme le produit n’est pas une fatalité ». David, mon petit doigt me dit que tu n’as pas que des amis, non ?

Et c’est justement à ce moment là que Cassie récidive : « Je ne comprends pas pourquoi je ne peux pas faire coiffeuse et maquilleuse ?! ». David joue son rôle de mentor : essaie d’abord d’écrire une histoire de coiffure ». Puis, l’éternel réactionnaire devient nostalgique et moins frontal :  « J’ai eu la chance de rencontrer des gens fantastiques dès les débuts. C’est vrai, il est intéressant de se tourner vers autres choses, qui vont t’aider à enrichir ton cœur de métier ». Et … patatra … il recommence à se faire des amis : « Je déteste les rassemblements de coiffeurs où tous ont inventé le fil à couper le beurre. Il est prétentieux de dire, j’ai inventé une chose, car ce serait ne faire ni référence au passé, ni au présent, ni au futur, ce serait nier les influences. Créer est ni plus ni moins réinterpréter des codes. Car tout se transforme ».

Et pendant ce temps, Jessica attend sur son fauteuil … « C’est la dimension humaine qui ouvre le potentiel créatif, poursuit l’insatiable. Il ne faut pas délaisser l’aspect psychologique du métier, nous avons bel et bien affaire à une personne. Un être humain n’est pas un bloc de pierre, il a un cœur et des tripes. Vous êtes vous déjà posé cette question : face au miroir, à part le coiffeur, qui touche les cheveux de votre cliente ? ». Visiblement non … 

11h07

Et s’il était temps de mettre la main dans les cheveux de Jessica !! Yes … David s’approche d’elle … « nous allons travailler le Wavy sans produit. ». Silence … grand moment de solitude. « Mais, non je blague ». Ouf, les filles allaient tourner de l’œil. « Nous allons les utiliser mais pas se reposer dessus. Le mouvement doit tenir sans laque, sans technique. Le produit vient se rajouter à vos compétences mais n’est pas un socle ». La mission : partir d’une texture, avec plusieurs styles. Cassie tient tête : « c’est moche de coiffer une personne sans maquillage ». J’adore cette fille ! Et toujours égal à lui même, David fait face : « n’oublie pas que la chevelure est la première et la plus belle parure d’une femme ».

11h34

Pour de vrai cette fois, Jessica se fait coiffer. Un wavy, trois effets : Le Messy, un wavy brouillon, style « out of the bed » (sorti du lit), avec une matière défaite, le Wavy dessiné, et le Wavy avec une matière plus serrée. Les filles restent spontanées … Cassie parle beaucoup, Mouni, toujours dans le mea culpa, insiste : faut que je travaille mes lacunes ». David garde sa ligne rouge : « le Wavy est une technique. Une fois intégrée, lâchez la mécanique et ressentez les choses . David passe à l’ouvrage avec un lisseur. La jeune révoltée marque la rupture des générations : « Moi aussi je sais faire, j’ai vu des vidéos sur Instagram ! » … tandis que d’autres tombent sous le charme : «On dirait une baguette magique quand il s’en sert ». Et David enchaîne les effets : matière à l’épingle, matière affro, copeau … Coralie filme tout. Elles ont la preuve, que d’une matière, il est possible de jouer avec les cheveux indéfiniment.

14h

Chaque stagiaire a son modèle. Moi, je suis celui de Mouni. (Il n’y a pas que les reporters de guerre qui prennent des risques !). Mouni ne me boucle pas, elle me dessine … « La gestuelle c’est ce que tu vas imprimer sur les cheveux. Au plus tu auras un geste brusque et sec, au plus le résultat sera brut et sec et vice versa. La coiffure c’est du sexe, comme l’on fait l’amour et pas que le samedi soir, cela demande du mouvement, de la sensualité etc … » David passe voir le travail de chacune et me confie à voix basse : « le but de cette journée est d’ouvrir des perspectives et amener la réflexion. Ne pas frustrer mais ouvrir une porte ».

17h

L’heure de la conclusion : « Vous devez être soit excitées, soit abattues … car vous êtes conscientes du travail qui reste à faire ». Comme si, une fois de plus, la clé de la réussite résidait dans la remise en cause et le « rien n’est acquis ». Pour toujours apprendre, toujours aller plus loin …

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