Éco-responsable, l’implication nécessaire


Le plus gros défi des salons de coiffure ? Développer des démarches de développement durable. Packagings épurés, sachets recyclables, déchets verts… voici dans ce premier volet, quelques idées et des gestes au quotidien pour s’engager et répondre aux attentes de la société.

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Packagings épurés, compositions respectueuses... un vent de fraîcheur souffle désormais sur le salon de coiffure. Et, derrière la prise de conscience sur la nécessité de protéger la nature, il y a la volonté de renouer avec elle. “En revenant à la terre et à nos ressources, on se reconnecte à nos origines et aux vraies valeurs”, décrypte Christian Roche, fondateur de Marcapar, l'expert de la coloration 100% végétale depuis 1991. Aujourd’hui, les clients veulent acheter durable et demandent aux entreprises d'être plus engagées révèlent des études mondiales. Les salons de coiffure ne sont pas épargnés : Les clientes des salons de coiffure s’inscrivent dans cette même démarche et ont ainsi le sentiment de faire le choix de l’authenticité. Aussi un salon de coiffure se doit d’avoir de vrais engagements et réduire son impact sur l’environnement. Mais comment limiter et trier les déchets ? La question est vaste. Chaque année, plus de 100 milliards d’emballage sont utilisés en France et génèrent 4,8 millions de tonnes de déchets, soit plus de 50 % de nos ordures ménagères. Économiser l’emballage devient incontournable. Notamment dans les salons de coiffure, qui remplissent par an, en moyenne plus de 60 bennes à ordures de cartons et plastiques enveloppant les commandes et d’emballages vides de produits.

À qui la faute ?

Pendant longtemps, fournisseurs et coiffeurs se sont rejetés la balle : les premiers affirmant que les coiffeurs exigeaient de l’emballage pour valoriser les produits à la revente, quand ceux-ci rétorquaient que leurs fournisseurs les poussaient à la consommation. Heureusement, le discours évolue, et mieux encore, les actes commencent à suivre. De plus en plus de laboratoires cherchent à rendre leurs packagings, moins impactant pour l’environnement, tout en conservant leur qualité et leur facilité d’utilisation. Les labos ont donc revu leurs habitudes, poussant leurs fournisseurs à innover : papiers et cartons issus de bois de forêts gérées de façon responsable, absence de surpackagings, encres végétales, pots recyclables et rechargeables sont autant de stratégies adoptées. Chez Marcapar, on n’a pas attendu la mode écolo pour réfléchir à des conditionnements plus respectueux de la nature. Dernier en date ? Recette, le soin lavant pour les cheveux et corps, sans conservateur et biodégradable. Le coiffeur assemble lui-même le produit, composé d’une base lavante en poudre très fine conditionnée dans des sachets recyclables, d’une synergie d’hydrolats conditionnée dans un flacon en verre épais et sombre (protégée de la lumière), tout comme les huiles essentielles. Tous les emballages sont ainsi recyclables. Depuis 2007, L’Oréal a initié une politique “Packaging & Environnement” intégrant une démarche d’éco-conception dite des “3R” : Respecter le consommateur et l’environnement, Réduire le packaging en volume et en poids, Remplacer les matériaux à fort impact par l’utilisation de matériaux recyclés ou issus de ressources renouvelables. Dans le cadre de son programme de développement durable Sharing Beauty With All, la marque s’est également engagée à ce que tous ses produits aient un profil environnemental ou social amélioré à horizon 2020. “Aujourd’hui, déjà, une étape clé est franchie avec un taux de 76 % en 2017”, note Philippe Thuvien, directeur packaging & développement du groupe L’Oréal. Pour Eugène Perma, l’engagement est aussi fort ! Emballages et papier proviennent de forêts gérées durablement (PEFC et FSF), les fournisseurs de PLV signent une charte de recyclage des déchets, les encres sont à solvants non polluants, et dès que possible, les livraisons se font par véhicules électriques pour limiter les émissions de CO2. Quant à la marque Aveda (voir encadré), elle vient de franchir une étape importante en termes de packaging durable avec l’introduction d’un bouchon distributeur à base de polypropylène collecté post-consommation.

Les salons s’organisent

Côté salons, certains ont choisi de travailler uniquement avec des fournisseurs éco-responsables, sans suremballage. C’est le cas de Corinne Gaytan, à la tête du salon Code Couleur Végétal à Cognin (73) et labellisé ”Développement durable, mon coiffeur s’engage” (voir encadré). Elle trie depuis quatre ans les déchets à la perfection : les poubelles, intégrées dans des meubles, contiennent des sacs en amidon de maïs, les tubes de coloration usagés et le matériel électrique hors d’usage portés à la déchetterie municipale. Chez Lian Lais, à Conflans-Sainte-Honorine (78), Vanessa Dourlan, la gérante du salon, regroupe ses commandes de façon à réduire le nombre de cartons. Quant au tri sélectif, il est effectué avec minutie puis la Collecte du coiffeur récupère les déchets.

Pour le matériel électrique encore en état de fonctionnement, on peut penser à les confier à des ressourceries ou des magasins solidaires qui gèrent la deuxième vie des objets. Jusqu’au 30 avril prochain, ghd en partenariat avec Eco-Systèmes, propose aux salons participants, de collecter les anciens appareils de coiffage (fers à lisser, à boucler, sèche-cheveux…) de leurs clientes et ce, quelle que soit la marque. Dans le but d’inciter celles-ci à participer à cette opération, une remise sur l’achat d’un nouvel outil ghd sera offerte pour tout ancien outil collecté. Plus d’une personne sur deux reconnaît stocker chez elle plus d’un appareil électrique inutilisé. En recyclant, ce sont des polluants qui sont neutralisés et des ressources économisées. Pour les produits, certaines marques capillaires comme Biolage avec sa gamme Raw, en association avec TerraCycle et Eco-Emballages, apportent à ses clients une solution de recyclage pour tous les emballages avec un guide du tri en salon. Dernièrement, la Collecte Médicale, qui travaille déjà avec les tatoueurs, propose aux salons barbiers, un conteneur agréé à usage unique. La collecte est réalisée dans le salon quatre fois par an. La Collecte Médicale élargit désormais ses services aux coiffeurs pour les tubes de coloration et les aérosols. Un service extranet permet aux professionnels d’avoir une parfaite traçabilité de ses déchets dangereux.


Même les cheveux coupés peuvent être recyclés grâce à l’association Coiffeurs Justes, créée dans le sud de la France par un coiffeur passionné, Thierry Gras. Plusieurs études démontrent l’utilité des cheveux en tant que dépolluant des eaux, renforçateur de béton ou comme isolant… Des marques comme Jacques Seban accompagnent cette association depuis plusieurs années. Des sacs sont mis depuis à la disposition des coiffeurs.

Développement durable en salon, les Français approuvent !

Plus de six Français du dix (64%) se disent intéressés par les salons de coiffure détenteurs d'un label pour leurs initiatives en faveur du développement durable, d'après un sondage réalisé par l'institut BVA pour les Institutions de la Coiffure. Un chiffre en hausse de 26 points par rapport à la dernière étude, effectuée en 2015. Interrogés sur leur rapport au développement durable, puis sur leurs attentes en la matière dans le secteur de la coiffure, les Français se montrent particulièrement préoccupés par l'avenir de la planète et par le manque d'actions réalisées pour la préserver (64%). À ce titre, ils estiment que les entreprises, les marques et les industriels sont les mieux placés pour agir en faveur du développement durable (40%), bien avant les citoyens (27%) et les pouvoirs publics (24%).

Le saviez-vous ?
Un salon de coiffure moyen produit environ 36 tonnes de déchets par an.
— Développement durable, mon coiffeur s’engage

Créé en 2009 par des professionnels de la coiffure, le label "Développement durable, mon coiffeur s'engage" met en lumière les différentes actions entreprises en faveur de la planète. Cela peut concerner l'usage de produits naturels, le recyclage des déchets, les initiatives prises pour la santé des salariés, ou encore une baisse de la consommation d'eau et d’énergie. Questionnés sur ce label, les Français sont unanimes, se disant majoritairement prêts à délaisser un salon de coiffure dit "classique" pour un établissement engagé (60% contre 50% en 2015). Ils sont encore plus nombreux (66%) à vouloir parler de ce label à leur entourage. Plus en détails, les personnes interrogées se déclarent particulièrement sensibles aux salons de coiffure qui cherchent à préserver la santé de leurs salariés (80%) et qui tentent de limiter les risques d'allergies (79%). Deux préoccupations qui se placent devant la réduction et le tri des déchets (73%), l'intérêt pour l'insertion et le lien social (71%), et l'utilisation de produits naturels, bio, et végétaux (70%).

Pour en savoir plus : www.moncoiffeursengage.com

Par Joséphine Hopper



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