La Colère

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La colère mode d’emploi!


La colère a mauvaise presse. Elle fait pourtant partie, comme toute émotion, de notre arsenal de survie. Elle est l’expression de notre vitalité. Plutôt que de l’étouffer, mieux vaut l’exprimer de façon constructive.

La colère nous prend par surprise, avec une formidable énergie : une demi-seconde suffit entre l’impulsion cérébrale qui la met en branle et l’explosion ellemême. Elle nous envahit sans crier gare, et bien souvent, nous n’en décelons que confusément l’origine. Une montagne de sentiments diffus nous submerge, et la colère déforme alors notre perception de la réalité. “La colère est une émotion très humaine et naturelle”, relativise la thérapeute Riekje Boswijk-Hummel dans son livre sur la colère et dans ses ateliers sur la gestion de la colère qu’elles animent. Il ne faut pas se sentir coupable, cela n’a rien de honteux. “Il faut sortir de ce cadre de la moralité. En revanche, on peut effectivement apprendre à gérer cette colère, défendre ses droits sans causer de tort aux autres.” Car, “à force de réfréner sa colère, la motivation chute, on ressent un malaise, peut-être même physique, et on n’a plus aucune envie, explique le psychologue suisse Yves-Alexandre Thalmann, auteur du Petit Cahier d’exercices pour vivre sa colère au positif. On risque alors d’abîmer ses relations, de bloquer le dialogue, de gâcher l’image qu’on renvoie de soi.”

Comment revenir à soi lorsqu’on est “hors de soi” ?

Pour éviter ce genre de débordement, ilfaut se mettre à l’écoute de la colère. Elle se manifeste souvent physiquement : certains vont serrer les mâchoires, fermer les poings, retrousser les lèvres, devenir rouge, sentir le cœur battre plus vite ou une bouffée de chaleur les envahir ; d’autres se mettront à hausser la voix ou se recroquevilleront, muscles tendus, prêts à lâcher les chiens. Mais avant d’en arriver là, il y a de la marge. Afin de reconnaître, un accès de colère et le gérer, les professionnels proposent d’en mesurer l’intensité sur une échelle de 0 à 10, allant du sentiment d’impatience, ou d’irritation passagère, à la rage et à la fureur en passant par l’énervement. Objectif : faire baisser la tension. Car, il suffit de 0,55 seconde entre la première impulsion cérébrale qui active la colère et l’explosion elle-même. Une demi-seconde, donc, entre le moment où l’amygdale, qui régit notre gestion des émotions, sonne l’alarme et nous prépare à réagir et celui où le système nerveux sympathique active la tendance naturelle à se battre ou à s’enfuir. Cette rapidité de réaction est devenue excessive dans le cadre de nos frustrations actuelles.

Reconnaître l’émotion

Selon le psychiatre américain Jeffrey Brantley, l’ingrédient essentiel pour apprendre à gérer sa colère est de la reconnaître et de s’y arrêter. Se fâcher en pleine conscience, donc. Le simple fait d’identifier l’émotion qui nous perturbe, de l’accueillir sans jugement, permet dans un premier temps de nous apaiser. Verbaliser l’émotion avec des phrases du type : “je suis agacé”, “je suis amer”, ou “je vais crier”. Cette énonciation permet de se distancier de l’émotion, et de commencer à la relativiser. Vous pouvez également coucher ces mots par écrit. Et pourquoi ne pas conserver sur soi un carnet pour se défouler en cas de besoin. Ne vous bridez pas, cela permet d’évacuer la colère et pourrait même vous éviter un ulcère. Les techniques de respiration profonde, telles que l’on enseigne en sophrologie ou en yoga sont également une bonne méthode lorsque l’orage menace. Évaluez les enjeux. Demandez-vous si vous souhaitez investir de l’énergie et du temps dans cette situation. Toutefois, si vous sentez que vous allez bientôt perdre le contrôle de la situation, opérez un retrait stratégique : quittez l’endroit et si possible, sortez à l’air libre respirer quelques minutes. Obligez-vous à vous détourner, à décentrer la pensée ; aussitôt, la colère est privée de substance, elle ne reviendra pas. Un bon moyen de faire face à une situation stressante. Idem pour les messages désagréables : accordez-vous un délai de réflexion. Autre point important : pensez à développer autour de vous, un environnement positif, fuyez les personnes toxiques, privilégiez les personnes qui vous mettent de bonne humeur, ayez des activités qui vous procurent du bien-être. Enfin, identifier une colère offre une autre richesse : celle de pouvoir distinguer les autres émotions qui se cachent derrière la colère. La rage cache toujours de la souffrance, de la révolte ou de la peur. L’indulgence et la compassion envers soi-même sont une des clés pour réguler ces émotions.


QUATRE COLÈRES DIFFÉRENTES

Les traductions pathologiques de la colère se déclinent sur quatre registres différents :

• la colère étouffée, disparue : ce sont les gens qui n’arrivent pas à se mettre en colère, qui ne savent pas se défendre ;

• la colère défléchie : c’est une colère déviée sur autre chose que son vrai but ;

• la colère hypertrophiée : une colère trop forte, toujours dans l’excès et qui peut pousser l’individu à des actes de violence ;

• la colère rétro-réfléchie : au lieu de l’exprimer, on enferme sa colère et la retourne contre soi. Cela peut entraîner des conséquences psychosomatiques graves (ulcères…).

Pour en savoir plus

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Au sein de la palette des émotions, la colère est la plus ambiguë et la plus complexe. Ainsi, celui qui exprime avec force sa colère se voit souvent accusé de perdre le contrôle de soi. Et, pourtant, elle donne de l'énergie pour changer et faire changer. C'est cette fonction utile qui est le fil rouge du livre. Méthodes et outils à l'appui, les auteurs nous donnent les clés d'une saine colère.



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