Fabrice Cornillon

 
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Le discret

Une allure élégante, et un sourire qui attire immédiatement la sympathie. Fabrice Cornillon est l’âme de son salon d’Auxerre, Germain Coiffure, pour lequel il se donne sans compter. Formateur et ambassadeur Eugene Perma, c’est un artisan cartésien, un amoureux de la simplicité.

Par Joséphine Hopper
Photo :
Anthony Prosper


Fabrice Cornillon porte un jean, une chemise noire. Il se fait rarement prendre en photo. Il est pourtant très photogénique, avec sa silhouette mince et ses cheveux poivre et sel. Il pourrait facilement s’il le souhaitait, jouer au dandy. Mais ce maître barbier a été élevé par des parents qui lui ont enseigné l’art de la discrétion. Petit flash-back. Originaire d’Auxerre (Yonne), Fabrice est le fils de Germain, coiffeur pour hommes et barbier depuis ses 16 ans. Il raconte alors, comment enfant, au fauteuil, il se sent dans son élément. ”Dès l’âge de six ans, je savais que je voulais devenir coiffeur. Je me souviens que je quittais l’école primaire entre midi et deux pour aller rejoindre le salon. J’aimais l’ambiance, l’odeur.” À 12 ans, c’est la consécration. “J’avais le droit de couper les cheveux de mon grand-père.” Plus tard, alors que son père l’emmène au Mondial Coiffure Beauté, il découvre sur la grande scène, le show du coiffeur pour homme, Cesar. Spectacle grandiose, salle comble… C’est le déclic.

1992
Apprentissage dans le salon masculin de son père, Germain.
1993
Médaille d’or au concours du Meilleur Apprenti de France.
1998
Ambassadeur et formateur pour Wella Professionnals.
2003
Directeur artistique homme pour Intercoiffure.
2011
Reprise du salon familial. Ambassadeur Eugène Perma.
2017
Thomas, son fils entre au salon.

Il a 18 ans. Il commence alors son apprentissage dans le salon de son père et fonce tête baissée dans les concours. À 19 ans, il remporte la médaille d’or au concours du Meilleur Apprenti de France. Plus rien ne l’arrête. En 1994, il gagne la médaille de bronze au Championnat du monde puis celle d’argent au Championnat d’Europe et aux Olympiades des métiers en 1996. Il passe, haut la main, le brevet professionnel et le brevet de maîtrise, devient maître barbier pour une clientèle masculine grandissante. Mais Fabrice Cornillon est un effacé au pays des m’as-tu-vu. S’il n’a jamais été impressionné par tout ce qui brille c’est parce qu’il s’en méfie. Comme il se méfie des compliments et des bravos. S’il aime monter sur scène, c’est davantage par passion de la coiffure que par besoin d’être applaudi. Dans son salon de la rue Joubert, le professionnel âgé de 45 ans poursuit son investissement. Sans compter : de “45 à 50 heures” derrière le fauteuil, chaque semaine. “J’anime aussi quatre formations dédiées aux hommes pour Eugène Perma depuis huit ans maintenant.” Très impliqué dans la transmission, Fabrice a beaucoup appris de son père et continue encore maintenant. Même si Germain vient de prendre sa retraite, après cinquante-trois ans de coiffure masculine. Toujours à l’écoute, prêt au dialogue et sans aucune colère, Germain n’a jamais forcé les choses. Alors quand Fabrice lui propose, en 2001, de prendre la cogérance de l’affaire, d’agrandir le salon et d’en faire un lieu mixte, Germain accepte. Sortir de sa zone de confort est un défi pour tout chef d’entreprise ! “Il faut avoir la foi, et beaucoup de confiance en soi. Sinon, cela ne marche pas”, aime à préciser Fabrice. En 2017, sa démarche créative s’épanouit à nouveau avec l’arrivée au salon, de son fils Thomas, 21 ans. “Après un parcours dans la pâtisserie, il bifurque vers la coiffure et obtient son CAP en candidat libre.” Aujourd’hui, très impliqué dans le salon, le jeune homme vise cette année le BP, toujours en candidat libre.

Les rencontres avec les plus grands, les dimensions créatives et l’échange perpétuel entre père, fils et grand-père sont des cercles vertueux de la famille Cornillon. “Des choses qui nous ramènent à nos fondations.”