David Lucas

 
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« Au nom de ma mère »

Le plus Parisien des coiffeurs arcachonnais vient d’ouvrir son second salon au cœur d’un merveilleux spa écrin, près de la dune du Pilat. L’occasion de faire plus ample connaissance.

Par Laure-Emmanuelle Bonilla
Photo : D.R.


David Lucas, à Pyla. La nouvelle fait le tour du bassin d’Arcachon et la une des féminins. Rendez-vous est pris, lors de son passage dans son nouveau salon institut au cœur du somptueux spa Ha(a)ïtza, dans le mythique hôtel néobasque des années 30 redesigné par Starck. Mais quel hasard a amené là, le célèbre coiffeur parisien ? “Je connais bien Sophie (Téchoueyres *) qui m’a fait cette proposition. C’était une belle opportunité.” Celle pour l’enfant du pays de retrouver l’odeur des pins et de se souvenir que petit déjà, il taillait frénétiquement les arbres et arbustes de son jardin. Effectivement, David n’est pas inconnu des Arcachonnaises. En témoigne ce défilé de jeunes femmes venues l’embrasser : « Mais c’est dingue ! Quel bonheur de te retrouver là… » Il est vrai que son carré wavy de surfeur aurait dû nous éclairer.

Mais si son art du balayage aux pigments naturels fait courir le Tout-Paris, l’homme se fait discret. Alors ambassadeur de Furterer, il n’occupait que le second plan, dans l’ombre de Philippe Tapprest. Seules ses réalisations subtiles, naturelles, modernes faisaient parler de lui, dans la presse et auprès des clientes de l’institut parisien de La Madeleine. Plutôt que de se livrer, il préfère dire sa vision de la femme : « La Parisienne chic, dans sa coupe, ses balayages que l’on coiffe naturellement. » Et parler de ses sources d’inspiration : « La mode, Saint Laurent et Hedi Slimane, Karl Lagerfeld, les défilés Lanvin. »

1973
aissance à Arcachon.
2000
coiffeur vedette de René Furterer pour les studios, les défilés et les clientes de l’institut de la Madeleine à Paris.
2010
ouverture de son salon parisien en étage, En Aparté.

L’ouverture d’En Aparté, un salon en étage, rue Danielle-Casanova à Paris où il officiait seul, fut un fabuleux défi. Avec à l’accueil et à la communication, son cousin Benjamin Pourret. Coiffeur lui aussi ? « Pas tout à fait, il a fait des études de philo », s’amuse David. Très vite, le carnet de rendez-vous a affiché complet. Au bout d’un an, il a fallu embaucher. Après un déménagement l’an dernier, un étage plus haut, le salon cossu de 150 m2 de style haussmannien avec terrasse, moulures, parquet à chevrons et cheminée de marbre, emploie pas moins d’une douzaine de personnes. Le secret d’une telle réussite ? “J’aime faciliter la vie des gens, leur apporter toujours le même accueil, le même entrain. Je suis naturellement bienveillant et je m’entoure de personnes qui ont le même état d’esprit”, explique en toute modestie le coiffeur d’excellence devenu ambassadeur de la marque Kérastase. Cependant, il ne dit rien du travail acharné, de son exigence, de la patience et du pragmatisme qui l’habitent. C’est ça l’esprit bassin, une certaine légèreté, un air de désinvolture dont on lui sait gré. Sans compter que l’année 2017 va encore faire parler de lui. Mais il ne veut rien dévoiler.

En attendant, il prend plaisir à remettre un pied (nu) sur sa dune natale, non loin des salons Métamorphose et S’Coup Coiffure à Bordeaux qui ont vu éclore son talent. Mais surtout au plus près de Monique, sa maman, couturière à laquelle il doit sa vocation et son goût sûr. Et pour laquelle il a rendu hommage en créant cette année, sa ligne de soin, Monique By David Lucas. Une belle réussite mais aussi une belle histoire, telle qu’on ne résiste pas à vous la conter.

* William et Sophie Téchoueyres à la tête de l’incontournable hôtel-restaurant la Co(o)rniche, également à l’origine de la renaissance de ce lieu d’exception.

Son compte Instagram : https://www.instagram.com/davidlucasparis/